ON A VOLE LA PROM

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9,90 EUR
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Description

Ma fierté était immense en revenant chez nous, dans notre mansarde de la rue Penchienatti, les bras chargés de mimosas. A la faveur d'une rencontre avec les voisins, je faisais '' don '' d'une branche, calculant par avance ce que j'allais bien pouvoir ramener de monnaie en arrivant au cinquième étage. « – Mémé, regarde, je t'ai rapporté de quoi acheter les légumes pour la ''bagna cauda '' de dimanche.* Je venais de gagner le droit de les accompagner au feu d'artifice du 14 juillet sur la Prom. Comme elles montent haut toutes ces couleurs bariolées. Presque, elles atteindraient les étoiles. Des gerbes d'argent qui s’effilochent en arrivant sur la mer, suivi d'un grand fracas, il y a de quoi faire peur à un enfant. « – Mathilde, ma petite mémé chérie, n'oublie pas que nous devons nous arrêter chez le glacier avant de retourner à la maison. Tu nous l'a promis, hein pépé. – Va que celui-là, il n'a pas la langue dans sa poche. '' Toujoù quauquaren che m'embila. '' (toujours quelque chose qui me met en colère). – César ne commence pas à chercher '' lou pitchou '' Le temps passe si vite que nous retrouvons notre Promenade, un soir de 14 juillet, aux alentours de vingt-deux heures trente, peut-être plus. Les étoiles se figent et disparaissent à la vue de ce camion. Papa, pourquoi moi je suis là Je te cherche et ne te vois pas. Maman non plus ne te vois pas C'est pas drôle je ne ris pas. Ce n'est pas bien de te cacher On va finir par te trouver Toi qui ne veut jamais jouer Ce soir c'est trop exagéré Ces gens autour quel brouhaha Je crie ton nom tu n'entends pas On se croirait au cinéma. Sauf que l'écran ne se voit pas. Quand ce camion est arrivé Sur nos corps tu t'es jeté Et de tes bras nous a poussé En criant très fort Liberté. Monsieur vous avez vu papa Je cherche et il est pas là. Petit garçon ne bouge pas Les grands vont t'expliquer tout ça Dans les yeux de l'enfant prostré A sa maman toujours choquée Viendra le temps de s'expliquer Et lui dire la vérité. VERITE-LIBERTE Qui n'a pas, en demeurant à Nice, mis sa trottinette, ses patins à roulettes, son tricycle, sur ce trottoir magique qui nous amène de la vue d'un avion à celle d'un bateau. Qui n'a pas, en devenant à son tour un parent, fait de même pour sa tête blonde, pour cette petite frimousse qui rit de bon cœur en slalomant entre deux touristes. Qui n'a pas posé ces fesses sur une chaise bleue, le regard face à la mer, la main dans son amour, la tête enfouie sur une épaule, murmurant un, '' je t'aime '' furtif. Qui n'a pas, un soir du 14 juillet, décidait cette sortie en famille en bord de mer, avec pour décor cette Tour Bellanda gardienne de notre Baie des Anges, se délestant de ses lumières pour laisser la place aux artificiers, nos artisans d'insouciance. Un moyen de ne pas, l'espace d'un moment, penser à ce gouvernement qui, à toutes les époques, fait promesses imaginaires et taxes bien réelles. Depuis cette soirée où la vie de 85 (peut-être plus) personnes a quitté le soleil, par la faute d'un monde qui n'a plus de repères et que la finance gouverne, nous attachant sur le tronc de la dette, je n'ai eu de cure que de trouver une approche littéraire (sans prétention de la part d'un auteur qui se désigne écrivain-amateur) pour rendre un soupçon de décence à toutes ces victimes. Je n'aime pas le mot hommage, pour moi il se résume à un instant précis qui débouche ensuite sur l'oubli temporel. Comme on le dit si bien : les paroles s'envolent, mais les écrits restent. En qualité d'auteur, je me force à tracer un chemin original pour traverser la rivière de ma vie qui serpente à travers les montagnes de mon enfance. Pour le faire, je me sers de grosses pierres posées au milieu du gué. C'est ainsi que je nomme PROSE, REALITE et POESIE. CHAQUE VENTE DU LIVRE PERMETTRA DE REVERSER LA SOMME DE DEUX EUROS AUX VICTIMES DU 14 JUILLET.

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Vous venez de lire un extrait du livre-hommage aux victimes du 14 juillet de Nice par Brunandierre. Je sors d'un AVC, à la fin de l'écriture de ce livre, c'est pourquoi je dois différé ma volonté et mon désir de me rendre au kiosque de la Prom, pour y déposer celui-ci. Cette écriture et ce dépôt sont ma thérapie personnelle pour revenir en ces lieux, ce dont je suis incapable depuis ce triste soir. L'auteur